jeudi 25 octobre 2007

La population Saint-Louisienne privée de pain




La Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS) avait mis en garde contre des risques de pénurie de pain. Et cette pénurie est devenue réelle puisque le pain a été introuvable à Saint-Louis dans toute la journée d’hier. Les kiosques, boutiques et autres supermarchés étaient totalement à court de pain, les boulangeries ayant cessé leur production suite à un désaccord avec l’Etat sur la hausse du prix de cette denrée.



Les Saint-louisiens, qui sont d’éternels amoureux du pain ont été désagréablement surpris hier matin à leur réveil. Et pour cause, le pain, cette denrée si appréciée par les populations a été introuvable dans les kiosques et autres boulangeries. « Il n’y a pas de pain ». C’est la seule phrase que les fournisseurs ont lancé aux nombreux clients qui se sont présentés sur les différents lieux de vente. Dans les supermarchés et autres mini market, la chanson était la même. « Nous n’avons pas eu de livraison et j’ignore quand nous recevrons à nouveau du pain », ont déclaré les différents gérants trouvés sur les lieux. Le mot d’ordre a été très bien suivi dans la capitale du Nord.



De nombreux vendeurs contactés ont affiché leur déception de n’avoir pas été livrés pour servir leurs clients. « C’est vraiment désolant de se réveiller et de ne pas trouver de pain. C’est vrai que cette situation est liée à l’augmentation du prix de la farine, mais les boulangers devaient penser aux consommateurs avant de prendre une telle décision », estime Salif Diallo, boutiquier à Ndioloffène. Que ce soit dans le Sor et au centre ville, aucune boulangerie n’a ouvert ses portes, au grand dam des populations qui étaient prêtes à acheter la baguette à 200 voire même 250 francs. Avec cette grève, ce sont des milliers d’ouvriers qui ont été envoyés en chômage technique.



Suite à la pénurie de blé sur le marché international, qui est à la base de la hausse du prix de la farine, les boulangers qui se trouvent dans une situation intenable ont depuis longtemps manifesté leur volonté d’augmenter le prix de la baguette de pain. Une augmentation qui est loin de recevoir l’approbation de l’Etat. Et les spéculations sur le sac de farine vont bon train, au grand dam des boulangers. « Il n’y a pas de farine dans les marché. Les rares commerçants qui en possèdent font une rétention pour pouvoir le revendre à 20.000 francs, alors que le prix normal n’excède pas 14.800 francs », se désole B. Fall, propriétaire de deux boulangeries dans le faubourg de Sor. Et c’est cette situation qui a amené certains gérants à vouloir augmenter le prix de la baguette. Pour l’heure, les boulangers vivent un véritable calvaire puisque certains minotiers ont trouvé la désagréable formule de retarder la livraison de farine à leurs clients ou même à refuser de vendre à certains boulangers. Et ce sont les populations qui trinquent. Selon un autre gérant de boulangerie qui a voulu garder l’anonymat, « le marché du blé ne s’est jamais porté aussi mal.



Cette céréale, qui entre dans la fabrication du pain a connu une forte augmentation de prix ces dernier mois. Et la conséquence au Sénégal comme partout ailleurs est que le coût de revient de la farine a est devenu très élevé pour nous autres gérants de boulangeries. C’est pour cela qu’un réajustement du prix de la baguette s’avère urgent. »



Pour l’heure, les boulangers campent toujours sur leurs positions et menacent de poursuivre cette grève. Et les populations, en attendant de retrouver le pain, cette denrée si précieuse, ont eu recours aux galettes, beignets et autres bouillie de maïs.


Le Soleil - Mercredi 17 Octobre 2007 - Samba Oumar Fall


Fin de la fronde des boulangers



Le Soleil - Mercredi 24 Octobre 2007 - Samba Oumar Fall

Les boulangers de Saint-Louis, à l’instar de ceux du reste du pays, qui avaient lâché leurs pétrins et stoppé la production de pain, pour protester contre le refus du gouvernement de rehausser les prix du pain de 50 francs à la suite de l’augmentation des cours de la farine sur les marchés ont repris du service. Après une rude bataille autour des prix qui les a opposés depuis plusieurs semaines au gouvernement, le Ministère du Commerce a finalement adopté une ’’position de modération’’. Désormais, la baguette de pain de 210 g a subi une hausse de 25 FCFA et coûtera à Saint-Louis 185 francs au lieu des 160 francs habituels.



Augmentera, n’augmentera pas ? C’est la question qui hantait les esprits des amateurs de pain à Saint-Louis. Finalement le prix du pain a connu une hausse de 25 francs au lieu des 50 francs exigés par la fédération des boulangers. La corporation des boulangers qui avait remué ciel et terre pour augmenter le prix du pain a gagné, car le gouvernement qui a tout fait pour freiner leurs ardeurs a finalement levé le pied en autorisant une augmentation de 25 francs sur le prix de la baguette. Ainsi donc, après 48h sans pain, les populations ont retrouvé le sourire, puisque hier, toutes les boulangeries dont les rideaux de fer étaient restés baissés ont fonctionné et ont d’ores et déjà appliqué cette hausse. " Face à l’augmentation de certaines matières premières entrant dans la fabrication du pain, du gasoil et de la farine, les boulangers tentent de faire entendre raison au gouvernement afin qu’il autorise une légère augmentation du prix du pain. C’est pour cela que nous sommes allés en grève. Une grève dont le seul but était de trouver une solution adéquate pour tous. Donc augmenter le prix du pain à l’achat était nécessaire pour que nous boulangers puissions dégager une marge de bénéfices d’une part, et d’autre part faire en sorte que cette denrée primordiale reste accessible à l’ensemble de la population", souligne Amadou Fall, un aide gérant. Pour nombre de boulangers à Saint-Louis, il y a beaucoup de charge et donc de moins en moins de gains pour eux. Ces boulangers estiment que les coûts de fabrication du pain ont augmenté, entraînant avec eux des conditions de travail de plus en plus précaires pour eux. "Nous produisions quasiment à perte », estime M. Ndiaye qui ajoute « je ne vois pas pourquoi la révision du prix du pain reste un sujet tabou, alors que les prix de la farine a été révisé sans que cela ait suscité des réactions. L’eau et l’électricité coûtent beaucoup plus cher, tout comme l’ensemble des ingrédients entrant dans la composition du pain ainsi que le gasoil. Heureusement que l’Etat a compris tout cela et nous a donné satisfaction ». Une satisfaction qui fait le bonheur de certains gérants de boulangers, mais aussi des clients qui se réjouissent que la situation soit revenue à la normale. "Les Sénégalais sont de vrais amateurs de pain et cette grève de deux jours ont été très durs pour nous tous, mais la fédération des boulangers et l’Etat ont pu s’entendre et c’est de bonne guerre. Il y a certes une augmentation de 25 francs, mais nous aimons tellement le pain, qu’on fera n’importe comment pour nous en procurer. Ce qu’on ne peut pas supporter, c’est qu’on se réveille un beau matin et qu’on nous dise qu’il n’y a pas de pain", affirme Sokhna Diaw qui tient une gargote au marché de Ndar. Les choses sont certes revenues à la normale, mais les Saint-louisiens ne demandent qu’une chose : qu’on ne touche plus à leur pain.

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