
Le pianiste disparu, Joe Zawinul, accordait peu de prix au protocole. Il reste encore en mémoire ses ballades autour de la place Faidherbe à Saint-Louis, dans les principales avenues de la ville avant son concert au festival international de jazz. Il a su cultiver l'amour entre les populations saint -Louisienne et lui.
C'est à l'issue d'un morceau extrait de son mythique album, Weather Report, environs trente neuf minutes après minuit, tout au début de son concert, un soir d'un mois de Mai 2002, à Saint-Louis que la tête d'affiche du festival international de jazz de Saint-Louis, Joe Zawinul, annonce la célébration de son anniversaire en pleine scène. En ces termes : « Ladies and gentlemen... Mesdames Messieurs, j'ai le plaisir d'être là ce soir, à Saint-Louis, au festival de jazz et d'y célébrer mes soixante dix ans.. » Cette phrase distillée à travers un micro qui surplombait cinq claviers superposés tout autour de lui, avait trouvé des cris de joie et des salves d'applaudissements en hommage.
Trompettiste, accordéoniste, saxophoniste, et même claviste, Zawinul a commencé à 12 ans à travailler le piano, qui est devenu son instrument principal.
Joe Zawinul qui est né à Vienne en juillet 1932 aimait beaucoup Saint-Louis et son festival de jazz. Ses origines hongroises et tchèques ont trouvé des amitiés et ramifications de dimension mondiale. Multidimensionnel et orfèvre dans son art musical, sa culture près des mythes et traditions tziganes, fait de l'homme au bonnet, un des musiciens les plus complets de son registre.
Ambassadeur, intégrateur, son ouverture lui a permis de jouer avec de grandes figures emblématiques du jazz. Ami des cochers, des artisans, vendeurs d'objets, Joe Zawinul fréquentait le marché aux poissons et plages de Saint-Louis.
Miles Davis, Richard Bona, Jaco Pastoruis, Makhtar Samba, Abdou Guité Seck et tant d'autres gardent des souvenirs inoubliables de cette icône du clavier. La mort de Joe Zawinul attriste plus d'un jazzophile au pays de la Téranga. Repose en paix Maestro !
Article : Le Soleil , Mamadou Aicha Ndiaye
Photo : Eddy GRAEFF